الأحد، 26 أبريل، 2009

Mazen ABBOUD se confie a Libnannews




Beyrouth, le 27 décembre


Passionné de Nature et de Beauté, attaché à son Liban et à Douma son village natal, Mazen Abboud est un homme d’affaires qui consacre une partie importante de sa carrière professionnel au dossier écologique. Ingénieur agricole diplômé de l’Université Américaine de Beyrouth AUB, Mazen a ensuite obtenu un Master en administration financière de l’Ecole Supérieure des Affaires ESA. Membre fondateur de l’UNADEP, Mazen est consultant environnemental pour le plan d'action pour la Méditerranée, faisant parti du programme environnemental des Nations Unis (UNEP-MAP), et un membre de la direction de la Régie Libanaise du Tabac ET du Tombac. Membre du IPI( International Press Institute) basé à Vienne, Mazen est également un journaliste free-lance, dont les articles culturels, politiques et écologiques sont publiés dans les différents quotidiens libanais. Il est surtout connu grâce à ses nouvelles s’inscrivant dans la littérature populaire de l’ancien Mont-Liban qui sont publiées chaque dimanche chez An-Nahar dans « Majallat al-Ahad », et grâce à ses poèmes publiés dans le quotidien Al-Anwar.
Face à la mer, avec le bruit des vagues comme musique de fond, Mazen Abboud s’est confié à Libnanews, révélant sa vision de la vie, dévoilant ses rêves et ses projets pour le pays des cèdres, et proposant des solutions concrètes pour les problèmes environnementaux au Liban.
Si on demande à Mazen Abboud de se présenter en quelques mots, comment le ferait-il ?
Je suis toujours le petit garçon qui vit dans le corps d’un homme, qui reste toujours fidèle à son enfance, à son pays, à son village natal, enfin, à la planète. Je suis à la recherche de la Vérité Absolue, et pour moi cette Vérité ne peut être autre que Dieu. Je considère que je suis en plein dans une mission qui consiste à me frayer un chemin qui puisse m’aider à atteindre le but ultime, qui est d’acquérir d’avantage de connaissance pour s’approcher encore plus de cette Vérité.

Fidèle à votre terre, et à votre village natal, Douma, vous avez dernièrement publié un livre tournant autour de ce beau village dans les hauteurs du Batroun. Qu’est-ce qui vous a incité à réaliser cet ouvrage ?
C’est un sentiment d’amour mêlé de craintes qui m’a poussé à réaliser le livre sur Douma. Je suis toujours attaché à Douma que je connais, cette Douma de mon enfance. D’un autre côté, j’estime que le monde change vite, et j’ai constamment des appréhensions dues à la main destructrice des hommes qui s’évertuent à détruire la nature et l’identité de leur terre. C’est la raison pour laquelle je me suis résolu à publier un livre sur Douma pour préserver le vrai visage de ce village que j’ai connu dans ma tendre enfance et permettre aux générations actuelles et futures de voir les beautés de ce village.

Et à qui dédiez-vous ce livre ?
Je l’ai dédié aux personnes que j’aime, à mes grands-parents, aux personnalités éminentes de Douma, qui ont fait aujourd’hui le Mazen que vous voyez devant vous. Ce que je suis actuellement dépend de ces personnes qui m’ont éduqué et que j’ai rencontrées durant ma vie, de mon village, de mon pays, de ma terre. En fin de compte, l’homme dépend de son milieu, et ce milieu, c’est la terre, et cette terre engendre des hommes : c’est un cercle vicieux, l’un ne va pas sans l’autre.

Votre amour pour l’environnement, est-il né grâce à votre attachement à Douma, votre village natal ?
Ma passion pour la nature est née certainement grâce à mon amour à Douma, mais surtout à mon attachement à la Vérité, et au respect de l’autre : l’autre c’est l’homme, mais c’est également l’animal, l’arbre, la plante, l’eau. Il faut savoir que l’Homme n’est pas le centre du monde, il doit comprendre qu’il doit vivre entre et avec les autres, même si ces autres sont à son service, l’être humain doit être un maître sage. Douma m’a appris la Beauté. Lorsqu’on grandit dans un milieu beau, naturel, vert, avec un milieu si riche, avec l’amour des siens, je ne peux qu’être ainsi, l’amoureux de la nature et de la beauté de la création.

Cet amoureux de la nature et de la beauté que vous êtes, a-t-il une mission envers sa terre et sa nature ? Si oui, comment fait-il pour accomplir cette mission ?
Je suis conscient que chacun de nous possède une mission sur cette terre qu’il doit accomplir afin de marquer son passage, et d’atteindre les buts qu’il s’est fixé. De mon côté, je pense que Dieu m’a chargé de contribuer à la protection de la nature, à préserver le milieu naturel dans lequel l’homme vit. J’ai commencé par une série d’activités sociales à Douma même, puis, en ma qualité d’étudiant à l’université américaine de Beyrouth, j’ai crée avec des collègues des mouvements pour la sauvegarde de l’environnement. Convaincu que la nature est une cause primordiale au Liban mais qu’elle y est malheureusement considérée comme une cause de moindre importance, j’ai jugé nécessaire d’étendre mon action au niveau national. J’ai commencé par faire des lobbying groupes, ou en d’autres termes des groupes de pression, puisque dans le pays il n’existe pas de « Watch Dog », ou d’organismes de surveillance. Malheureusement au Liban il n’existe pas de société civile, mais plutôt une société communautaire dont la plupart des actions sont centrées sur leur propre communauté. Quant aux associations, celles qui existent sur le terrain dépendent indirectement d’un courant politique particulier, et celles qui sont neutres sont moins nombreuses et n’ont pas de pouvoir ni de financement. Partant de ma conviction que « l’union fait la force », j’étais persuadé qu’il fallait les grouper afin de constituer une certaine force majeure qui puisse avoir de l’influence sur la société libanaise ainsi que sur les politiciens. Après maintes réflexions, j’ai réussi à trouver une solution qui puisse grouper ces ONG et leur offrir un espace de dialogue, un espace interactif, afin que leurs efforts soient unis pour avoir un impact au sein du pays, ainsi est née l’UNADEP, ou l’Union des Associations du Nord pour le Développement, l’Environnement, et le Patrimoine.

« Rêve de grandes choses : cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites» a dit Jules Renard. Quels sont les rêves de Mazen Abboud, et a-t-il pu en concrétiser une partie ?
L’UNADEP fut un rêve, et j’ai plusieurs rêves et plusieurs idées dans ma tête, et je n’ai pu en réaliser qu’une petite partie. Je rêve surtout de changement, et un des rêves que je vais bientôt concrétiser est mon prochain ouvrage « Seeds of Change ». Il s’agit d’un agriculteur qui est en train de semer ses graines, dans une terre aride, et qui espère avoir une bonne récolte malgré tous les mauvais facteurs qui empêchent que ses graines puissent se développer. Je suis comme cet agriculteur, j’essaye de semer, tout en sachant au préalable que j’ai une chance sur million de pouvoir récolter, mais j’ai la ferme conviction que rien n’est impossible. J’essaye à travers les médias, de faire parvenir un message pour créer un certain changement dans les mentalités, espérant que les gens soient une terre fertile, pour qu’ils se sentent plus concernés dans la sauvegarde de l’environnement.

Face à tous les défis que présente cette volonté de changement, pensez-vous que la société civile libanaise qui n’est pas effectivement sensibilisée aux problèmes environnementaux est capable de capter ce message ou bien seriez-vous « la voix qui crie dans le désert » ?

C’est une sorte de guerre continue, pas contre les personnes, mais contre le mal commis par l’Homme. Chaque personne a un côté sombre, et un côté éclairé, et chaque personne doit œuvrer pour éclairer toutes les parties de son corps et de son âme, et c’est un combat que l’on mène durant toute notre vie, pour pouvoir atteindre la lumière. Partant de ce fait, je crois au changement que chacun d’entre nous peut faire en commençant par sa propre personne. Je pense qu’il y a plusieurs voix de garçons et de filles qui sont en train de crier dans ce désert, et ma mission est de regrouper ces voix, de les unir pour créer une force, pour pouvoir aboutir à un changement bénéfique pour le Liban, son peuple et sa nature. Je passe certainement par des moments difficiles envahis par un sentiment de pessimisme, mais je mets ma confiance en le personnage de Jésus Christ de qui je tire beaucoup de leçon, et je ressens que je récupère mon pouvoir, qui n’est autre qu’un crayon, un papier, une image, un son.

Enfin, devant les catastrophes écologiques que subit jour après jour le Liban comme le déboisement, les incendies provoqués qui germent un peu partout, les déchets déversés dans la mer, quelles solutions pratiques sur le plan social et politique peuvent être prises pour éviter d’avantages de désastres contre notre mère nature ?

Il existe un besoin pressant de continuer à sensibiliser la population libanaise face aux dangers qui guettent l’environnement du pays des cèdres. Malheureusement, les gouvernements successifs que le Liban a connus, se concentrent uniquement sur le pouvoir, les élections, et le côté matériel. Je considère que notre système démocratique est mauvais, parce qu’il centre son importance sur l’Homme, et passe l’éponge sur le milieu où vit l’homme. Il est également un système à court terme, qui ne permet pas en 36 ou 48 mois que de grandes choses soient accomplies : les ministres s’appliquent à réaliser des projets qui puissent leur obtenir des récoltes à titre personnel à la fin de leur terme. Cependant, les problèmes environnementaux sont de grands problèmes qui demandent une certaine vision à long terme, et les dossiers écologiques sont considérés comme des sujets secondaires : le plat consistant c’est un mélange d’économie, de politique et de sécurité, et l’environnement n’est que le dessert servi à la fin du repas. Ce qu’il est bon à savoir, c’est qu’il faut lier les problèmes économiques, politiques, et sécuritaires directement aux problèmes écologiques. C’est ce que j’essaye de faire : trouver ce lien entre ces différentes entités, pour rendre le dossier écologique intéressant aux politiciens. Si on parle d’oiseaux et de fleurs, on aura beaucoup de mal à attirer l’attention des hommes de pouvoir, tandis que si on trouve un lien rendant ces deux problèmes étroitement liés, on a plus de chance d’être écoutés. Par exemple, relier la question des permis d’armes et celle de la chasse, la dynamite utilisée pour la pêche à Tyr et la résolution 1701. Et le point le plus important, c’est de donner le portefeuille de l’environnement à un ministre qui soit actif sur ce plan, pour qu’il ne perde pas son temps à étudier les dossiers, mais plutôt à réagir et prendre les résolutions nécessaires pour régler les problèmes de sécheresse, de pollution, des carrières, des incendies et des déchets nocifs. Il faut à côté du choix de la personne adéquate au ministère de l’Environnement, qu’il y ait un bon financement et une sensibilisation continue de la société civile pour avoir des résultats nettement plus efficaces sur le plan environnemental.

Propos recueillis par Marie-Josée RizkallahLibnanews

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